ACT FOR NOUN – Solution conforme aux préconisations du GIEC

1 mars 2022

Suite à la publication du nouveau rapport du GIEC, nous pouvons apporter une contextualisation et une prise de recul nécessaire dans le cadre du projet ACT FOR NOUN, que nous menons actuellement avec beaucoup d’enthousiasme et d’ambition au Cameroun. Nous vous partageons les conclusions du rapport qui vont dans le sens de notre projet de transformation agricole sur place. 

La forêt et l’agroforesterie font partie des solutions 

« Il existe des options d’adaptation réalisables et efficaces qui peuvent réduire les risques pour les personnes et la nature. Des solutions intégrées, multisectorielles, qui s’attaquent aux inégalités sociales, qui différencient les réponses en fonction du risque climatique et qui traversent les systèmes, augmentent la faisabilité et l’efficacité de l’adaptation dans de multiples secteurs. »

Notre projet de transformation agricole ACT FOR NOUN consiste à non plus penser que la valeur de la forêt est son terrain déforesté (comme en Amazonie), mais au contraire, une forêt luxuriante, exploitée de manière harmonieuse et redéployée sur les zones précédemment déforestées. Nous nous inscrivons dans un mouvement qui a pour ambition de planter 1200 milliards d’arbres d’ici 2030, ce qui permettrait d’absorber 2/3 de nos émissions de gaz à effet de serre (piloté ici https://www.restor.eco/map). Notre ambition : planter tellement d’arbres qu’il se mette à nouveau pleuvoir au mois d’avril alors que les précipitations sont retardées, elles ne tombent actuellement que 2 à 4 semaines plus tard au mois de mai. 

La justice sociale comme élément central 

« Le développement résilient au climat est possible lorsque les gouvernements, la société civile et le secteur privé font des choix de développement inclusifs qui donnent la priorité à la réduction des risques, à l’équité et à la justice, et lorsque les processus décisionnels, les financements et les actions sont intégrés à tous les niveaux de gouvernance, dans tous les secteurs et dans tous les délais (confiance très élevée). La justice sociale et climatique contribue à des avantages multiples pour la santé, le bien-être et les services écosystémiques, y compris pour les autochtones et les communautés marginalisées et vulnérables (confiance élevée). »

Notre implication avec ACT FOR NOUN se situe donc dans la formation des fermiers à cette agriculture d’agroforesterie qui permet de conjuguer à la fois les besoins financiers des fermiers, les besoins de l’alimentation locale et enfin les questions environnementales et climatiques. Souvent, dans la conception de la politique agricole, on agit comme s’il n’y avait que le cultivateur. Mais en réalité, il y a tout un écosystème derrière, il n’est en fait que le gestionnaire : augmenter le niveau de vie d’un cultivateur permet d’augmenter celui de sa famille, de la main-d’oeuvre qu’il embauche pour la récolte, ainsi que de la communauté dont il va redynamiser l’activité grâce à son pouvoir d’achat.

Simultanément, il y a de vrais bénéfices au niveau social comme le fait de pouvoir offrir aux jeunes filles une scolarisation. Si les hommes ont les terres et cela est la tradition, il faut développer l’indépendance et cela passe comme chacun le sait par l’éducation. Ainsi, elles pourront à l’âge adulte avoir plus facilement accès au microcrédit. 

La coopération et les partenariats 

« Le développement résilient au climat est facilité par la coopération internationale et par les gouvernements en travaillant à tous les niveaux avec les communautés, la société civile, les organismes de formation, les institutions scientifiques et autres, les médias, les investisseurs et les entreprises, et en développant des partenariats avec les groupes traditionnellement marginalisés, notamment les femmes, les jeunes et les populations autochtones, les communautés locales et les minorités ethniques (confiance élevée). »

Si nous apportons les fonds d’amorçage, nous commençons cette année à travailler pour la levée de fonds publics et privés internationaux visant à déployer le modèle à cette échelle qui change les choses, et nous l’espérons, le dupliquer dans d’autres zones de culture du café. Après le café, outil de base de la transformation, il faut développer d’autres filières agricoles entre le Cameroun et l’Europe. C’est ce qui va permettre d’assurer la diversification des plantations et donc la régénération de la biodiversité. Pour ce faire, nous faisons venir des partenaires. Par exemple, nous travaillons avec Alain Milliat qui fait de merveilleux jus de fruits pour créer une filière de mangues sauvages. 

La sauvegarde de la biodiversité et des écosystèmes, fondamentale 

« La sauvegarde de la biodiversité et des écosystèmes est fondamentale pour un développement résilient au climat, compte tenu des menaces que le changement climatique fait peser sur eux et de leur rôle dans l’adaptation et l’atténuation (confiance très élevée). Le maintien de la biodiversité et des services écosystémiques à l’échelle mondiale dépend de la conservation efficace et équitable d’environ 30 à 50 % des terres, des eaux douces et des océans de la planète, y compris les écosystèmes actuellement proches de l’état naturel (confiance élevée). L’augmentation des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations dépasse déjà les seuils de tolérance des plantes et des animaux. À des niveaux de réchauffement supérieurs à 2°C, les risques de disparition, d’extinction et d’effondrement des écosystèmes augmentent rapidement (confiance élevée). » 

ACT FOR NOUN se déploie dans la région du Noun au Cameroun dans le Bassin du Congo, 1er poumon terrestre de la planète devant l’Amazonie. Ce sanctuaire naturel abrite : 2 millions de km² de forêt, 10% de la biodiversité mondiale , 10 000 espèces de plantes tropicales, dont 30 % endémiques, 400 espèces de mammifères dont des espèces en voie de disparition (éléphants des forêts, grands singes…), 1 000 espèces d’oiseaux et 700 espèces de poissons. Vous avez là-bas des espèces de grands mammifères qui, s’ils disparaissent, le sont pour toujours. Ce qu’il y a de merveilleux dans ce projet, c’est le fait qu’il soit mené par les populations locales qui deviennent des garde-forestiers. Nous ambitionnons de toucher 220 000 habitants, sur 33 000 hectares et planter 3 millions d’arbres en 3 ans, ce qui représente 22 000 familles d’agriculteurs.

L’Afrique citée comme prioritaire 

« L’Afrique est l’un des continents qui a le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre, alors que plusieurs régions ont déjà été sévèrement affectées par les effets du changement climatique. En outre, le continent est l’un des plus exposés au changement climatique. » 

Ancrer les populations dans leur territoire d’origine permet d’éviter les drames humains liés à la migration et l’exode rural, ainsi que l’abandon des terres entraînant déforestation et appauvrissement géologique. ACT FOR NOUN ambitionne de préserver les populations locales des aléas du réchauffement climatique, en leur offrant des conditions de vie décentes, des moyens de subsistances, des possibilités d’entreprendre sur le long terme ainsi que des outils pour maîtriser leur environnement. 

Conclusion : nous avons notre avenir climatique entre nos mains. Il ne tient qu’à nous d’agir.

Source des extraits d’analyse : la synthèse effectuée par Thomas Wagner dans le média indépendant Bon Pote qui traite de l’écologie et du climat.