De HEC à la décarbonation par les crédits carbone : rencontre avec Grégoire Guirauden, co-fondateur de Riverse.

6 avril 2022

Acteurs de la décarbonation avec la plantation massive d’arbre aux Cameroun, nous avons souhaité vous en dire un peu plus sur le sujet des crédits carbone, des projets concernés, de la mécanique associée, des raisons pour lesquelles en tant qu’entreprise il peut être intéressant d’en faire l’acquisition, et de la manière dont ce nouveau marché se déploie actuellement en France et dans le monde. Nous avons choisi pour ce faire de mettre en avant Grégoire Guirauden et son entreprise Riverse.io, qui offre au secteur une nouvelle approche pleine d’ambition, de passion et de foi en l’avenir.

Hello Grégoire, peux-tu te présenter rapidement ainsi que Riverse ?

Avec plaisir ! Grégoire, un des 3 fondateurs de Riverse depuis juillet 2021. Riverse tâche de proposer une nouvelle offre de contribution carbone, anciennement appelée compensation carbone. Notre mission est d’accélérer le financement des solutions bas carbone nécessaires à la transition, en leur permettant d’émettre des crédits carbone. Ces crédits carbone sont achetés par des entreprises émettrices de gaz à effets de serre, dans le même secteur d’activité.

Personnellement, je suis toulousain et réponds à tous les clichés relatifs à cette ville fabuleuse, et j’ai travaillé auparavant dans la transformation digitale des grands groupes pendant 5 ans.

Avec tes associés, Clément Georget et Ludovic Chatoux, vous avez tous les 3 quitté vos boulots confortables dans des secteurs porteurs pour essayer d’apporter votre pierre à l’édifice.

Pourquoi c’était important pour vous ?

Je pense que c’est un sentiment partagé par un nombre croissant de personnes, qui consiste à vouloir rapprocher ses convictions personnelles avec son projet professionnel. Nous avions tous les 3 des profils assez classiques, mais nous nous sommes convaincus que notre génération doit s’emparer du sujet de la transition écologique à bras le corps, pour ne pas avoir de regret quand nous en subirons les conséquences.

On a simplement décidé d’arrêter de regarder à côté, et le changement est finalement venu assez naturellement.

Projet d’agroécologie

Riverse propose « la première taxe carbone volontaire » : peux-tu nous dire de quoi il s’agit exactement ?

Excellente question ! Notre objectif est double. Premièrement, permettre à toute solution bas carbone pertinente de valoriser ces gains carbone pour accélérer son développement. De l’autre côté, inciter les entreprises à se fixer un prix carbone en interne – et donc une taxe carbone mise en place volontairement – pour accélérer la réduction de ces émissions.

Ce mécanisme de taxe carbone volontaire permet à la fois de sensibiliser l’écosystème aux enjeux carbone de toute activité, d’inciter à la réduction, et de financer les solutions nécessaires pour la décarbonation de la filière, par notre mécanisme de contribution carbone en lien avec l’activité de l’entreprise.

Vue aérienne d’une usine de biogaz et d’une ferme dans des champs verts. Énergie renouvelable issue de la biomasse. Agriculture moderne en République tchèque et dans l’Union européenne.

La décarbonation c’est le « grand » mot de la décennie, mais tu mets un point d’honneur à en délimiter les contours en opposant compensation et réduction.

Peux-tu nous expliquer pourquoi ?

Nous devons, en moyenne, diviser par 5 nos émissions d’ici 2050, pour respecter les Accords de Paris. La réduction est donc la priorité absolue. La compensation vient ensuite, dans une démarche de neutralité carbone, uniquement sur les émissions incompressibles.

Le passage lexical de la compensation carbone à la contribution carbone n’est pas anodin et induit plusieurs conséquences. La première est d’éviter la confusion qui inciterait à penser qu’un produit compensé à un impact nul, ce qui est faux.

Deuxièmement, cela permet également de donner un rôle à la contribution carbone plus utile que celui de la compensation. L’utilisation du mécanisme pour sensibiliser, inciter à la réduction, et financer des projets pertinents de réduction d’émissions sont autant de bénéfices possibles d’une contribution carbone bien exécutée.

Amélioration de la gestion du cycle de vie des produits

Concernant le Net Zero, tu encourages une communication « honnête et engageante ».

Pour toi, l’impact washing représente-t-il un vrai danger ?

La définition du greenwashing est la suivante : procédé marketing ou de relation publique utilisée par une organisation pour se donner une image trompeuse de responsabilité écologique. L’impact washing est une version de cela, en focalisant toute la communication sur des initiatives vertueuses mais marginales, mais qui cache une inaction globale de l’organisation.

La solution comporte deux aspects : avoir une action environnementale complète, et communiquer avec transparence dessus. Les entreprises sont confrontées à des pressions exponentielles pour une transition écologique forte de leur activité, et le sujet doit donc devenir primordial dans tous les éléments de l’entreprise.

On se rend d’ailleurs compte que cette évolution arrive présentement. On entend de nombreuses entreprises nous dirent qu’il y a 18 mois, on nous aurait envoyé paître, et que désormais le sujet est absolument prioritaire et pris à bras le corps par les COMEX.

A cet égard, je recommande la lecture de l’excellent Guide Anti-Greenwashing de l’ADEME, très efficace sur le sujet.

Guide anti-greenwashing publié par l’ADEME

Tu insistes notamment sur le scope 3. C’est un vrai sujet pour nos clients qui choisissent Chacun Son Café justement dans l’optique de réduire l’empreinte carbone liée à leurs fournisseurs, mais c’est un domaine encore peu traité par bon nombre d’entreprises.

Pourquoi c’est important de ne pas faire l’impasse dessus ?

Initialement, les entreprises ne prenaient en compte que le scope 1 et 2, et donc les énergies primaires (fioul, gaz) et secondaires (électricité, chaleur) consommées dans leurs procédés. Il est vrai que si toutes les entreprises réduisent leur scope 1 et 2 à néant, le problème est réglé. Toutefois cela ne reflètent pas la réalité de l’impact d’une entreprise, car cela induit qu’une entreprise de conseil ne compte pas ses trajets en avion dans son bilan, ou qu’un restaurant ne prend pas en compte la nourriture achetée et consommée ! Cela pousse donc uniquement Air France et les agriculteurs à subir tous les efforts de décarbonation, et aucunement les autres acteurs. Ce n’est ni juste ni efficace.

D’autre part, il est vrai que le scope 3 est bien plus complexe à calculer que les scopes 1 et 2. Toutefois, la mesure s’améliore, et même si elle n’est pas parfaite, elle est largement suffisante pour avoir les ordres de grandeur nécessaires pour définir les actions prioritaires. Nous n’avons plus le temps de tergiverser et de se cacher derrière l’incertitude de la mesure.

Enfin, le public commence à être bien plus sensibilisé sur ces enjeux et est bien plus exigeant, ce qui réduit les possibilités d’éluder le sujet. Science-Based Target Initiative (SBTi) s’établit comme un standard de référence pour les grandes entreprises, et impose une réduction de l’empreinte drastique des scopes 1, 2 et 3. Les entreprises se doivent de se mettre au niveau; tout cela va dans le bon sens.

Installations électriques

Le carbone est un sujet encore très opaque pour beaucoup, aurais-tu des ressources à nous partager sur le sujet (podcasts, articles…) afin de mieux en maîtriser les tenants et aboutissants ?

Bien sûr ! Tout d’abord, nous référençons tous les supports pertinents sur ces sujets sur notre page “Comprendre le réchauffement climatique” de notre site. Pour en sélectionner quelques-uns, voici les liens ci-dessous en fonction de votre temps !

Systèmes de chauffage et de refroidissement

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