Notre réponse au spot de publicité « La quête » d’avril 2020 de Nespresso, marque du groupe Nestlé - Chacun Son Cafe Blog

Notre réponse au spot de publicité « La quête » d’avril 2020 de Nespresso, marque du groupe Nestlé

Il s’agit quasiment de publicité mensongère !”, commente Valentine Cancel de Zero Waste France dans un article publié par Les Numériques, autour des messages de Nespresso sur le sujet du recyclage des capsules. 

A travers ce spot publicitaire, Nespresso, marque du groupe Nestlé,  prend la parole pour défendre le système du café en capsule dont il est le leader. Pour nous, c’est un système devenu obsolète et indéfendable, de par l’existence d’alternatives sans déchet, permettant de supprimer l’emballage à usage unique du café que sont les capsules. Ces alternatives permettent d’éviter à la fois une consommation de matières premières non renouvelables et en même temps de diminuer très significativement les gaz à effet de serre liés à la production et au recyclage des capsules. 

Suite au visionnage de ce spot, et alors que Nespresso est régulièrement accusé de « greenwashing », nous avons décrypté pour vous la politique environnementale de Nespresso.

 

 

Au coeur de ce spot publicitaire, Nespresso décline ses actions phares en terme de responsabilité sociale et environnementale sur toute sa chaîne de valeur : 

 

  • Le développement du Programme Nespresso AAA pour une Qualité Durable dans les plantations de café, 
  • L’envoi de 400 agronomes pour former les cultivateurs aux pratiques agricoles durables, 
  • Un café acheté 30 à 40% plus cher que le prix du marché pour améliorer les conditions de vie des producteurs et de leur famille, 
  • 500 000 arbres plantés chaque année dans les fermes de café pour préserver les écosystèmes et proposer un café neutre en carbone, 
  • Des capsules en aluminium 100% recyclable que Nespresso espère recycler à 100% grâce à ses clients.

 

Voici le fruit de nos recherches, point par point.

 

A propos des actions engagées dans les plantations de café par Nespresso

 

Les objectifs annoncés sont les mêmes que ce que nous, et d’autres torréfacteurs engagés, poursuivons au quotidien, et qui sont cruciaux pour la durabilité de la filière café : 

  • La culture de cafés de haute qualité,
  • La pérennisation de la production dans un contexte où le changement climatique affecte les plantations,
  • L’amélioration des conditions de production de café en continu dans les exploitations,
  • La meilleure rémunération des producteurs.

 

Tout cela semble donc aller dans le bon sens : 

L’étude sur la filière café publiée par Le Basic conclut que depuis 2017, plus de 90% des approvisionnements de Nespresso seraient certifiés AAA et que le programme concernerait plus de 75 000 producteurs répartis sur 300 000 hectares dans 12 pays. 

En contrepartie de la mise en œuvre des démarches d’amélioration continue définies par Nespresso, les producteurs perçoivent bien un prix 30 à 40% plus élevé que le prix standard du marché du café et situé 10% à 15% au-dessus du prix du marché local pour des cafés de qualité équivalente. 

Par ailleurs, la démarche bénéficie d’un suivi-évaluation de la part de Rainforest chaque année.

 

Le programme AAA en détail – SlideShare

 

Toujours selon l’étude sur la filière café publiée par Le Basic, ce résultat doit être nuancé car : 

  • Il s’agit d’une démarche dirigiste dont les critères sont définis par l’entreprise et non partagés par l’ensemble de la filière.
  • Si les producteurs valorisent à un meilleur prix que celui du marché la part de leur récolte certifiée en AAA, ils captent finalement une moindre part de la valeur créée alors que la capsule Nespresso est vendue en moyenne 6,5 fois plus chère au kilo qu’un paquet de café moulu. 
  • Par ailleurs, une partie seulement de la récolte totale de chaque producteur est valorisée aux critères du programme AAA : le pourcentage varie en fonction des pays mais en moyenne, environ 78% de la récolte des caféiculteurs AAA serait valorisée aux conditions du programme. 

 

Source : étude sur la filière café – Le Basic

 

L’étude sur la filière café publiée par Le Basic conclue donc que malgré les efforts de Nestlé à travers le modèle Nespresso : 

  • Les informations sur les impacts pour les producteurs sont relativement maigres.
  • La grande majorité des investissements correspond à la prime payée par Nestlé au-delà du cours conventionnel du café et aux salaires des agronomes déployés sur le terrain (seuls 5% de cette somme seraient investis dans des infrastructures ou dans les exploitations).
  • Le programme AAA crée une relation de dépendance de ses partenaires encore plus marquée que dans le marché conventionnel, qui peut être bénéfique tant qu’elle perdure mais préjudiciable le jour où Nestlé décide de s’approvisionner ailleurs. 

Nous notons par ailleurs qu’au-delà de la marque haut-de-gamme Nespresso, Nestlé achète également du café vert pour sa marque Nescafé, tout aussi rentable que Nespresso. Or, une grande partie du café acheté pour la fabrication des cafés solubles Nescafé est du Robusta payé aux producteurs à un prix largement inférieur à l’Arabica.

 

A propos de la neutralité carbone revendiquée par Nestlé à travers le modèle Nespresso

 

Selon l’entreprise, « Nespresso s’est associé à l’entreprise sociale PUR Projet pour planter, chaque année, plus de 500 000 arbres au cœur des fermes de café en Colombie, en Éthiopie, en Ouganda et au Guatemala. Ainsi, Nespresso France propose un café neutre en carbone ». 

 

La neutralité carbone, comment ça marche ? 

Selon Novethic, « le principe de neutralité carbone repose sur le constat qu’une tonne de gaz à effet de serre (GES) émise dans l’atmosphère a rigoureusement le même impact sur le climat, quelle que soit la localisation de l’émetteur ou la façon dont cette émission s’effectue. De la même manière, la réduction des émissions de GES a le même impact, quel que soit le lieu où elle se produit. »

Ce modèle aussi appelé « compensation carbone », est pourtant sous le feu des critiques. Pour l’ONU Environnement, cela pourrait être un « moyen de passer inaperçu » pour les entreprises à fort impact sur l’environnement comme les compagnies aériennes ou les groupes pétroliers. 

Dans une note de juin 2019 intitulée « Les compensations carbone ne nous sauveront pas », l’organisation met en garde contre un « danger » pouvant « conduire à la complaisance ». Selon la note, le danger est de « compenser » sans avoir d’abord revu ses émissions à la baisse. Or, la compensation devrait théoriquement être réservée aux émissions « incompressibles ». 

 

Les capsules de café sont-elles une émission incompressible ? Pour nous, il est clair que ce sont des émissions de gaz à effet de serre dont nous pourrions facilement nous passer ! 

 

D’autant que la consommation de café n’est pas anodine : 

  • Ce sont 2,5 milliards de cafés consommés chaque jour dans le monde.
  • Nestlé, leader du marché du café en capsule à travers Nespresso, a une responsabilité quant au développement du marché de la capsule. C’est lui qui, durant 20 ans, a équipé plus de 50% des ménages Français de machines à capsule. Même si aujourd’hui le marché n’est plus captif (ouverture du marché à la concurrence en 2016), le groupe Nestlé a ouvert la voie au café portionnable qui domine largement le marché du café aujourd’hui.  

 

Au-delà de cela, le modèle de compensation présente des faiblesses : 

  • La difficulté à garantir qu’un projet n’aurait pas pu voir le jour sans la compensation,
  • La difficulté à garantir l’exacte adéquation entre émissions effectivement émises et effectivement retranchées. 

 

Au même moment, Greenpeace dénonce l’action de déforestation de Nestlé en Indonésie 

Selon l’ONG, l’Indonésie est l’un des pays les plus touchés par la déforestation avec l’équivalent d’un terrain de foot de forêt qui disparaît toutes les 15 secondes. 

Au cours des trois dernières années, la consommation d’huile de palme du groupe Nestlé aurait pratiquement doublé, pour s’établir aujourd’hui à 320 000 tonnes par an. Les conséquences sont dramatiques pour de nombreux animaux privés de leur cadre de vie naturel qui deviennent des espèces menacées. La déforestation accélère également le changement climatique. 

Et pour revenir à la marque Nespresso, le problème de la déforestation est aussi le fait de l’extraction d’aluminium qui sert … à fabriquer les capsules. 

 

Source : l’Usine Nouvelle

 

A propos du recyclage des capsules de café mis en place par Nestlé pour Nespresso

 

Si vous ne le saviez pas, une capsule Nespresso, c’est 1 gramme d’aluminium. Alors pourquoi l’aluminium ? 

Selon la marque, c’est « le seul matériau qui préserve les arômes du café de l’air, de l’humidité et de la lumière, tout en étant 100 % recyclable », et il est « 100% recyclable, à l’infini. » 

Ainsi, le groupe Nestlé à travers Nespresso, indique déployer « depuis plus de 10 ans en France, 2 filières de recyclage” afin que les capsules puissent être recyclées facilement. Il existe « plus de 5000 points de collecte sur tout le territoire, et 30% des Français peuvent jeter leurs capsules directement dans leur poubelle de tri, avec les autres emballages (50% dans 2 ans). Ces capsules, nous leur offrons une seconde vie : l’aluminium sert à fabriquer d’autres objets, et le marc de café est valorisé en compost et biogaz ».

 

L’aluminium, une production fortement polluante

L’aluminium présente de nombreux avantages pour l’industrie et pour la conservation des denrées alimentaires. Pas étonnant donc, qu’une petite boîte de conserve de café (la capsule) soit composée de ce matériau. 

Comme l’explique Marc Gusils, Président de Chacun Son Café, “la capsule joue en fait deux rôles à la fois. Celui d’une boîte de conserve pour café prémoulu soumis au risque d’oxydation s’il n’est pas protégé. D’autre part, celui de chambre de percolation jetable. La force du concept est de nous avoir fait croire qu’une boîte de conserve était mieux qu’une tasse de café faite à partir de café en grains fraîchement moulu.”

Pour autant, la fabrication du brillant aluminium à partir du minerai de bauxite entraîne de nombreuses conséquences pour l’environnement. Un constat partagé par l’association Sauvons la Forêt qui a lancé une pétition contre l’utilisation de l’aluminium dans les dosettes de café en raison de son impact sur l’environnement. 

 

Les conséquences en détail : 

  • La déforestation : la majorité des mines d’extraction de bauxite se trouve dans la zone intertropicale, entraînant de par leur activité la déforestation de surfaces gigantesques de forêts primaires en Australie, au Brésil, en Guinée ou encore en Australie. Un reportage d’Arte fait état d’une surface équivalente à 250 terrains de football de forêt primaire très riche en biodiversité détruite chaque année pour cette activité. 

 

  • Le rejet de déchets toxiques : l’extraction de l’aluminium à partir de la bauxite s’effectue à travers des procédés chimiques lourds. Ainsi, une tonne d’aluminium extraite nécessite quatre tonnes de bauxite, dont le traitement donne ce qu’on appelle les « boues rouges », comprenant du titane, de l’oxyde de fer, de l’oxyde d’aluminium, de l’oxyde de silicium (silice), du chrome et du cadmium (source Le Monde). L’extraction provoque également une émission de fluor dans l’air et l’eau qui attaque notamment la végétation. Ces procédés et rejets toxiques ont des conséquences sur la santé des ouvriers d’une part, mais aussi sur l’environnement en transformant les cours d’eau environnants en zones toxiques et mortelles. Les populations vivant à proximité des centres d’extraction constatent l’apparition de maladies de peau et une déperdition de la faune aquatique (voir reportage Arte). 

 

  • Des émissions de gaz à effet de serre : la production d’une tonne d’aluminium nécessite 14 000 à 16 000 kWh, soit la consommation d’un foyer de 2 personnes pendant cinq ans. Elle est très énergivore de par toutes les étapes de la production : extraction, transformation en alumine, électrolyse de l’alumine fondue… Son raffinage nécessite en effet une grande quantité d’électricité, et c’est même le métal le plus consommateur au monde. Selon l’ADEME, il faut compter 1,7 à 23 tonnes de CO2 rejetées par tonne d’aluminium primaire selon le procédé et la zone de production. 

 

Illustration du documentaire « Planète Alu » diffusé sur Arte

 

L’engagement de Nestlé pour sa marque Nespresso : des capsules en « aluminium certifié responsable » en 2020

En 2020, les capsules seront certifiées par l’Aluminium Stewardship Initiative (ASI). Telle est la promesse du groupe Nestlé pour sa marque Nespresso. Un nouveau standard qui promeut la protection de la biodiversité, le respect des droits des peuples indigènes, la gestion de l’eau et les émissions bas carbone durant le processus de production avec un point d’attention sur près de 200 critères. 

C’est une initiative inédite fondée par Nespresso et Rio Tinto, deuxième groupe minier mondial. L’aluminium est voué à être produit dans des mines de la région Nord-Est de l’Australie avec la garantie d’un contrôle des rejets. Mais, précise Le Monde, la question des traces de substances toxiques naturellement présentes dans les boues rouges subsistera. 

Pour tenir son engagement environnemental, Rio Tinto s’est associé avec le fondeur Alcoa afin de développer un processus d’extraction par fusion qui n’émet plus de CO2 mais de l’oxygène. Autre point à surveiller, la consommation d’électricité très élevée dans la production d’aluminium par électrolyse. Selon l’Usine Nouvelle, Rio Tinto s’est engagé à utiliser prioritairement l’énergie hydroélectrique. 

« L’aluminium que Nespresso utilisera sera pleinement certifié tout au long de la chaîne de surveillance qui va de la mine de Gove en Australie à sa raffinerie d’alumine, ses fonderies d’aluminium et centres de coulée au Québec », a précisé aux Echos un porte-parole de Rio Tinto. Selon lui, l’utilisation d’aluminium certifié « est un pas important pour réduire l’impact que la production d’aluminium, deuxième métal le plus utilisé au monde »

N.B : On notera au passage que le problème de faire transiter l’aluminium d’Australie jusqu’au Canada ou en Suisse pour fabriquer des capsules n’est jamais remis en question, et que si la chaîne d’approvisionnement du café est clairement expliquée sur le site de la marque Nespresso, il n’en est rien en ce qui concerne le trajet de l’aluminium. Une omission volontaire ? On pose juste la question.

Rio Tinto s’est de son côté engagé à « décarboner » ses activités d’ici à 2050 avec notamment 75 % de l’énergie consommée provenant de l’hydroélectrique, du nucléaire ou des énergies renouvelables. Une politique environnementale dénoncée par le Financial Review australien qui taxe le groupe d’hypocrisie. On vous laisse juger.

 

Source : Commodafrica

Deux circuits de recyclage et seulement 1 capsule sur 5 recyclée

L’objectif de Nespresso : fabriquer une dosette neuve à partir d’une dosette usagée, car recycler l’aluminium c’est économiser 95% d’énergie par rapport à la production du métal neuf et donc réduire ses coûts. 

Ce sont donc deux circuits de recyclage qui doivent permettre d’atteindre cet objectif. 

 

1. Un circuit de recyclage en propre (qui ne tient pas ses promesses)

Nespresso a mis en place son propre circuit de recyclage « dans 39 pays » avec « plus de 1 000 000 points de collecte » proposés aux clients. 

En France, ce sont 5 500 points de collecte qui sont mis à disposition des clients : 

  • Les espaces recyclage en boutique, 
  • Les points Mondial Relay
  • 2/3 des déchetteries de France, 
  • La Poste, en échange du courrier, 
  • Un service de collecte gratuit et dédié aux professionnels.

 

Source : Nespresso

 

De nouveaux points de collecte en supermarché doivent bientôt voir le jour, fruit d’un partenariat entre Nespresso et son principal concurrent, Jacobs Douwe Egberts (JDE), fabricant des capsules l’Or. 

D’après la marque, « une fois les capsules collectées dans les boutiques, points relais, déchetteries, entreprises et auprès des coursiers, elles sont acheminées au centre de recyclage de Remondis, aux Pays-Bas. Dans ce centre de recyclage des déchets, le marc et l’aluminium sont séparés avant d’être valorisés et réutilisés ».

En réalité, le processus de recyclage nécessiterait un passage dans quatre pays d’Europe : les Pays-Bas pour les nettoyer, l’Italie pour ôter la laque et les fondre en lingots, l’Allemagne où ces lingots sont transformés en feuilles, la Suisse, où les feuilles d’aluminium redeviennent des capsules (source : reportage diffusé au Journal de 20h sur France 2).

 

Reportage « Café : ces dosettes bien encombrantes » sur France 2

 

2. Un circuit géré par les collectivités (mais limité) 

En 2009, Nespresso a pris l’initiative de réunir les acteurs concernés par la question du recyclage de l’aluminium (France Aluminium Recyclage, le Groupe Bel, Veolia Propreté, SITA, Coved, Ball Packaging, Arkéa, Cornec, Alfyma…) au sein du club du Celaa (Club de l’emballage léger en aluminium et en acier). Sa mission : trouver des solutions pérennes et globales au problème, en prenant à sa charge des phases de test en équipant gratuitement quelques centres de tri volontaires.

En France, la capsule se trie donc avec les cartons et les journaux, dans la fameuse « poubelle jaune ». Ensuite, il faut que les déchets parviennent à un centre de tri équipé pour récupérer le petit aluminium. Mais la difficulté pour trier les capsules, c’est que ce sont des objets de 9 centimètres, ce qui signifie que le tri manuel n’est pas possible. 

Si l’initiative de Nespresso est louable, selon Le Monde, seuls 10% des quelque 200 centres de tri en France sont effectivement équipés des machines « à courants de Foucault », qui par un champ magnétique, permettent d’agréger tous les petits aluminiums. Et cette machine coûte cher : environ 150 000 euros. 

Selon Nespresso, 30 % des Français peuvent jeter leurs capsules dans les poubelles jaunes — “et ils seront 50 % en 2022. 

Source : Projet Metal

 

Quels que soient les chiffres réels, il n’en demeure pas moins qu’une bonne partie des capsules françaises échappent dès cette étape au recyclage avec deux options, toutes deux aussi peu écologiques l’une que l’autre, l’incinérateur ou l’enfouissage. 

Dans un article publié par Les Numériques, Valentine Cancel de Zero Waste France explique que les messages de Nespresso sur le sujet « donne l’illusion du recyclage effectif de la capsule, notamment à Paris […] et on dit depuis un an, à coups de grandes campagnes de Citéo, de mettre la capsule dans le bac jaune. En réalité, il s’agit simplement de former aux gestes de tri pour anticiper le fait que, peut-être un jour, on saura vraiment trier”. Et elle ne mâche pas ses mots : “Il s’agit quasiment de publicité mensongère !” 

Concernant les capsules qui ont la chance d’être triées dans les centres équipés de machines adaptées, un autre problème se pose. Elles contiennent d’autres matières – plastique et marc de café, ce qui ne permet pas d’utiliser les fours classiques utilisés pour le recyclage des canettes par exemple. La solution n’existe aujourd’hui qu’en Allemagne avec la pyrolyse, une technique très coûteuse qui détruit le plastique et le marc de café préservant l’aluminium de la capsule.

Pourquoi ne pas le faire en France ? Le marché reste trop restreint alors qu’un four à pyrolyse coûte environ 1 million d’euros. Résultat, dans les fonderies, on fond bien des dosettes mais qui ont d’abord été nettoyées en Allemagne, et qui servent à fabriquer des pièces automobiles, des vélos ou des canettes. On est loin du modèle d’économie circulaire souhaité par la marque. 

Aujourd’hui, Nespresso estime qu’une capsule sur 5 est réellement recyclée. Au final, ne vaudrait-il pas mieux pour l’environnement arrêter les capsules à usage unique et revenir au paquet de café traditionnel ? 

 

L’impact des capsules et dosettes à usage unique sur l’environnement :

  • Quasiment 10 milliards de capsules à usage uniques consommées par an dans le monde. 
  • Ce sont 40 000 tonnes de déchets d’aluminium, soit 4 tours Eiffel. 
  • Mises bout-à-bout, on peut faire 10,5 fois le tour de la Terre.
  • 1 capsule sur 5 est recyclée. 
  • Le recyclage repose sur un processus nécessitant un transit dans 4 pays européens. 
  • Une capsule de café met entre 150 et 500 ans à se décomposer. 
  • Une tonne d’aluminium produite correspond à 4 tonnes de déchets sous forme de boue rouge contenant du titane, de l’oxyde de fer, de l’oxyde d’aluminium, de l’oxyde de silicium, du chrome et du cadmium. 
  • Un Français consomme en moyenne 1 000 capsules par an. 

 

Reportage « Café : ces dosettes bien encombrantes » sur France 2

 

Conclusion : des annonces publicitaires loin de la réalité des chiffres. 

 

Nestlé ne publie pas de chiffres concernant sa production de capsules Nespresso. Les derniers en date, que l’on trouve sur une présentation de la société, remontent à 2010. 

Nespresso, qui a eu 30 ans en 2016, prévoyait alors de produire 8,8 milliards de dosettes chaque année à partir de 2012 et au-delà. Début 2012, le « Wall Street Journal » écrit que Nespresso a écoulé plus de 27 milliards de capsules à travers le monde depuis sa création soit 40 000 tonnes d’aluminium et 600 000 tonnes de gaz à effet de serre. On peut aisément imaginer que ces chiffres sont aujourd’hui amplement dépassés.

Pour Arnaud Deschamps, directeur général France, cité dans l’ADN : « nous avons révolutionné tout l’univers du café, dans sa globalité, de la production à la gestion des déchets, en réconciliant les raisons économiques aux raisons écologiques. Nous démontrons que la RSE crée de la valeur, et qu’elle est extrêmement vertueuse dès lors qu’elle est totalement intégrée au modèle économique de l’entreprise ». 

Pour nous, la conclusion est beaucoup plus nuancée : les plus grands efforts du monde ne pourront pas compenser un mode de consommation qui n’a plus aucune raison d’être. Et par conséquent, le discours marketing censé la verdir, voire la cautionner, non plus. 

 

Alors que les capsules représentent environ la moitié du marché du café en chiffre d’affaires, ne serait-il pas temps de revenir à une consommation plus qualitative et respectueuse de nos ressources qui sont en train de s’épuiser ?  

Pour Les Numériques, les Français prennent de plus en plus conscience de cette dimension éco-responsable dans leurs actes d’achat. C’est aussi la conclusion que tire le Gifam dans son bilan 2019, reconnaissant une appétence des consommateurs pour des produits de meilleure qualité et qui répondent davantage aux enjeux environnementaux. L’essor des cafetières automatiques avec broyeur témoigne justement de cet engouement. 

Selon les Echos, en perte de vitesse mais toujours très important (un tiers du marché, selon Nielsen), le café filtre, moins gourmand en emballages, pourrait bien revenir en grâce avec les préoccupations écologiques. Ses acteurs tentent donc de conquérir les jeunes en jouant sur le bio, les labels, les origines. 

 

L’impact de la capsule de café pour une seule tasse. © Zero Waste France

div#stuning-header .dfd-stuning-header-bg-container {background-color: transparent;background-size: initial;background-position: top center;background-attachment: initial;background-repeat: initial;}#stuning-header div.page-title-inner {min-height: 300px;}