Podcast : Chacun Son Café, entreprise tourné vers le bien commun par Gourmet Cup ! - Chacun Son Cafe Blog

Podcast : Chacun Son Café, entreprise tourné vers le bien commun par Gourmet Cup !

A l’occasion de l’opération « Du Café pour Nos Soignants » lancée par Chacun Son Café pendant la crise du Covid19, Gourmet Cup a interviewé Marc Gusils, Dirigeant de Chacun Son Café autour de la création de l’entreprise, sa raison d’être, ses actions de bien commun et en particulier son initiative lancée à destination du personnel soignants dans les hôpitaux.

Podcast disponible à l’écoute ici

Retranscription écrite de l’échange entre Thierry Layec, dirigeant de Gourmet Cup et Marc Gusils, dirigeant de Chacun Son Café ici : 

Qu’est-ce que Chacun Son Café ? 

Chacun Son Café est né d’une conviction, celle qu’une entreprise doit engendrer une part de bien commun. Il s’agit du concept d’éthique relationnelle : l’équilibre, c’est quand on reçoit et qu’on donne, et que les deux se compensent.  

Chacun Son Café s’est fondé sur une opposition au système à capsule. Notre première conviction, était que ce système était injuste parce qu’il retirait du marché les torréfacteurs locaux. Notre deuxième conviction, c’était que le système des capsules était excluant et contraire aux valeurs du café. Le café, ce sont des terroirs, des découvertes, la singularité d’un torréfacteur, le partage d’un moment. Et enfin, notre troisième conviction était qu’on ne peut pas dépenser 4 grammes d’aluminium pour un café. Déjà parce que ce n’est qu’un quart vrai qu’on le recycle, mais surtout parce que les émissions de gaz à effet de serre liés à l’extraction et la production sont une folie. 

Ces trois convictions nous amènent là où nous sommes aujourd’hui. Chacun Son Café démarre sur la proposition d’une alternative : un café traditionnel, artisanal et ouvert. D’ailleurs, nous avons été parmi les premiers distributeurs de machines automatiques à grains Jura.

 

Chacun Son Café, c’est une philosophie qui aurait pu être appliquée à un autre produit, pourquoi le café ? 

Parce que le café est un symbole et un formidable vecteur. A travers le café, on peut transformer des messages et c’est la connaissance qui va faire que le monde va changer. Cela nous permet aussi de faire bouger les lignes à travers des actions d’engagement concrètes. 

 

Quelles sont les actions de bien commun mises en place par Chacun Son Café ? 

  • La sensibilisation au problème de la capsule et plus largement des emballages à usage unique. Nous sommes chefs de file du hashtag #IAmACapsuleKiller, diffusé et incarné dans le monde entier sur les réseaux sociaux. Ce mouvement s’est encapsulé dans le mouvement plus large anti-plastique, un mouvement qui sensibilise sur les produits à usage unique. La législation a bougé depuis, justement parce qu’il y a eu une vague, un mouvement. C’est un mouvement sur lequel on a été très dynamique en terme de création de contenu, on a vraiment investi notre énergie.

  • La mise en place d’un programme de microcrédit au Nicaragua qu’on a intégré à notre chaîne de valeur : quand un salarié boit un café dans une entreprise, c’est un centime (soit 6% de notre chiffre d’affaires) qui va abonder un fond de microcrédit au nord du Nicaragua dans des zones extrêmement rurales, auprès de familles qui vivent avec moins d’un dollar par jour. C’est l’une de leurs rares sources de revenus. Le café, c’est une production qui demande du capital. Aussi ce programme est mené avec une association qui s’appelle Aldea Global, gérée par des fermiers et qui regroupe 5000 fermiers. 

  • Des dons réguliers à la Banque alimentaire ou aux Restaus du Coeur. Moi, je suis très attaché aux maraudes et nous avançons sur de nouveaux partenariats avec des ONG sur le sujet. On passe à l’étape supérieure. 

De manière globale, on fait attention à ce que nos actions ne soient pas juste un joli geste, mais ait un impact massif. C’est d’ailleurs ce qu’on a fait dans cette période de crise.

 

Comment avez-vous organisé l’opération « Du café pour nos soignants » ? 

Cette crise a un cela de particulier qu’elle est contre-intuitive : c’est la première fois qu’il ne faut rien faire pour régler un problème. Face à cette perturbation, j’ai trouvé intéressant de reprendre la main. 

On a demandé aux entreprises de ré-aiguiller leur budget café vers les hôpitaux qui tournent 24h sur 24. On a distribué près d’une tonne de café dans une trentaine d’hôpitaux dans 8 régions de France, et ça continue. On reçoit encore des dons à la fois d’entreprises et de particuliers. 

Il y a un hôpital qui nous a appelé et qui nous a dit « vous savez, pour nous, le café en ce moment, c’est la vie ». Si nous on voit des chiffres, eux ils voient les morts. Et ce moment de la pause café est un moment de parole et de décompression. Tout cela s’est fait grâce à nos clients et je les en remercie. Une tonne de café, c’est quand même un volume. 

Comment cela s’est-il passé ? 

Cela s’est fait naturellement. De notre côté, on a envoyé directement du café à l’hôpital le plus proche de chez nous. Et puis, on s’est dit « mais pourquoi on demanderait pas à nos clients de le faire aussi ? ». Ils ont immédiatement dit oui, et souhaité également donner à l’hôpital le plus proche. La proximité est très importante donc on a contacté les hôpitaux proches de chez eux. 

Ensuite, des hôpitaux nous ont fait des demandes, quand d’autres clients nous ont laissé la possibilité de ventiler les dons. Nous voulions que cela corresponde à la demande, aussi nous avons envoyé du café notamment dans le Grand Est et la Seine-Saint-Denis qui sont très touchés. Il est clair que même avant le confinement, on anticipait déjà cela et on a vite pu se mettre en ordre de bataille car c’est normal chez nous. Cela s’est fait très vite en interne d’ailleurs, tout le monde s’est mobilisé. 

 

Quel type de café a été livré aux hôpitaux ? 

Je tenais à ce que le café livré aux hôpitaux soit d’une qualité égale à ce que je livre à mes clients : un café de spécialité. Nous avons cependant dû adapter en format spécial pour n’importe quel cafetière, avec des emballages de 500 grammes et du café moulu sous air neutre pour une parfaite conservation. 

 

Comment avez-vous fait en terme d’approvisionnement ? 

Je travaille avec EFICO pour le café vert. EFICO est un importateur belge et une magnifique entreprise. Ce sont des gens qui ont compris avant tout le monde les enjeux environnementaux. Leur entrepôt est alimenté à l’énergie verte et ils sont très investis en amont avec les producteurs. C’est avec eux que nous avons monté le programme de microcrédit, qui est très bien fait, très bien contrôlé. Ils ont vraiment une éthique remarquable. 

 

 

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