Rencontre avec Marion Martinez et ses lettres de rupture engagées ! - Chacun Son Cafe Blog

Rencontre avec Marion Martinez et ses lettres de rupture engagées !

Marion Martinez, citoyenne engagée, a lancé un projet positif : les lettres de rupture engagées, pour valoriser ceux qui ont dit adieu à ce qui ne leur convenait plus. Nous avons rencontré la jeune militante à l’origine du projet !

Bonjour Marion ! Qu’est-ce qui t’a amené à te dédier à la cause environnementale ? 

Il faut savoir que je suis une ancienne catastrophe environnementale, et je l’explique toujours aux gens qui commencent. Je n’ai pas été élevée dans une famille où l’on faisait attention, mes parents ne se posaient pas ces questions-là. Je prenais des bains tout le temps, je mangeais du Nutella à la cuiller, je ne jurais que par la viande, je prenais la voiture pour faire 50 mètres… Mon déclic est passé par la cause animale. J’ai vu une vidéo de l’association L214 et je me suis pris le contenu en pleine tête. Je suis devenue végétarienne et ça a été le point de départ de mon tournant écologique. 

Du côté professionnel, je m’étais orientée en management du tourisme. Mais pendant mes stages à l’étranger, je me suis rendue compte à quel point cette industrie avait un impact catastrophique sur l’environnement, que ce soit en gestion de l’eau, des déchets, etc. Ca a été un déclic : je ne veux pas travailler dans une industrie qui pollue autant. J’ai bifurqué sur un Master en Développement Durable et RSE pour m’orienter dans le tourisme durable et j’ai ouvert d’autres portes, d’autres sujets, et j’ai fini par rester dans la RSE en général. 

J’ai commencé à travailler en 2016 pour le label Lucie qui encourage les TPE/PME à progresser avec un plan d’action à réaliser. Le fait de s’engager à progresser est la condition du label, et nous leur apprenons à faire. J’ai ensuite rejoint Eco Vadis, qui mesure la performance RSE des fournisseurs des entreprises. Nous évaluons les fournisseurs tout au long de la supply chain. Mais cela fait un moment que j’ai des rêves d’entrepreneuriat et que je ne supporte plus Paris. Je quitte donc Eco Vadis dans 3 semaines pour commencer une nouvelle vie. 

Tu as lancé le projet « Lettres de rupture environnementales » cet été, une initiative originale qui a eu beaucoup de succès ! 

L’idée m’est venue lorsque j’ai décidé de quitter mon emploi car je n’étais pas épanouie. J’ai eu envie de rassembler les personnes qui, comme moi, ont eu un déclic et ont changé des choses. Quand je dis que je suis végétarienne, on me dit « je ne pourrais jamais arrêter la viande ». J’explique donc que moi aussi j’adore ça, mais il y a des réalités environnementales et climatiques qui font qu’on ne peut pas penser qu’à soi. J’ai voulu rassembler des personnes qui avaient aussi sacrifié quelque chose et tourner ça en lettre de rupture. Le principe était humoristique et écrire donne un aspect symbolique pour tourner la page plus facilement. J’ai voulu valoriser ces personnes pour montrer que changer ne se fait pas par plaisir, mais que ce n’est pas pour autant un sacrifice car on peut trouver des alternatives sympas et vivre tout aussi bien. 

J’ai commencé à communiquer en juillet avec un message clair : obtenir 100 lettres de rupture pour septembre. J’ai eu les lettres au 15 septembre et en parallèle, j’ai développé un site dédié. J’ai rassemblé les lettres dans un Ebook et l’ai mis à disposition. Maintenant, il faut que j’arrive à voir comment convertir cette idée de lettre et ce que je sais faire dans un projet entrepreneurial. J’aimerai obtenir des lettres d’amour pour la St Valentin, par exemple une lettre à la paille en inox, pour montrer que les alternatives existent. Et là, j’ai publié des lettres de rupture de Noël sur mon blog pour garder la magie de Noel tout en restant écolo. 

C’est un moyen positif de valoriser le changement dans un contexte de catastrophisme ambiant et cela fait du bien !

Oui, je voulais encourager les gens, en pointant du doigt non pas ce qu’ils ne faisaient pas mais ce qu’ils pourraient faire. Tout le monde a sa marge de progression. Pour autant, je pense que traiter ces questions de manière alarmiste est important pour qu’on se rende compte de leur gravité. Il faut un juste dosage. Personnellement, j’ai changé parce que j’ai vu des choses catastrophiques. Ca fait au moins deux ans que j’ai pas regardé de vidéos sur les abattoirs et les déchets plastiques parce que je sais ce qui ce passe et que maintenant, ça me fait de la peine. Mais j’en ai eu besoin à un moment donné, pour l’étape de prise de conscience c’est indispensable même si chacun réagit différemment. Il faut partir d’un contenu choc pour passer à un contenu positif qui vise à accompagner et présenter des alternatives. 

Penses-tu que les initiatives comme la tienne puisse encourager les entreprises à changer ?

Non, du moins pas directement. En revanche, faire changer des personnes qui changeront leurs comportements et boycotteront certaines marques aura un effet sur les marques. Si leur chiffre d’affaires baisse, là il y a un réel impact. Je crois au pouvoir sur les citoyens que sur les entreprises. 

Le Greenwhasing me rend folle. Les marques les plus polluantes profitent du manque d’information des consommateurs pour leur faire croire que leur produit est engagé. Ils ont des moyens pour la communication, ils font des beaux rapports de développement durable, mais cela n’enlève rien à l’impact de leur produit tout au long de sa vie. 

En tant que consommateur, on doit réfléchir au produit à 3 étapes avant de l’acheter : 

  1. Avant : comment a-t-il été fabriqué, d’où vient il, quelles ressources ont été nécessaires pour sa fabrication 
  2. Pendant : est ce que je vais l’utiliser plusieurs fois, est-ce que j’en ai vraiment besoin 
  3. Apres : est-ce que ca va finir a la poubelle, ou puis-je le réutiliser, le prêter, etc.

Quelle est ta priorité aujourd’hui ? 

Aujourd’hui, je suis beaucoup trop engagée ou conscientisée pour faire demi-tour. C’est un peu douloureux parce que beaucoup de choses m’énervent et ce n’est pas simple de vivre avec cette conscience écolo sur tous les sujets. J’ai perdu pas mal de plumes en essayant de convaincre des gens qui n’avaient ni envie de voir, ni envie de changer. Ma cible maintenant ce sont les personnes qui ont compris qu’il fallait changer mais qui ne savent pas comment le faire.

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