Former les producteurs au Togo : agroforesterie et entrepreneuriat caféier en action
21 avril 2026La formation constitue un levier stratégique dans de nombreux domaines, notamment dans l’univers du café. La production sans compétences techniques signifie absence de qualité, de valorisation et donc de revenus durables. Financée par Chacun Son Café et la FAO, cette formation des producteurs de café à l’agroforesterie et à l’entrepreneuriat transforme une culture agricole en véritable activité entrepreneuriale. Un levier permettant aux caféiculteurs d’améliorer leur production, leurs revenus et leur avenir face aux changements climatiques. Et ce qui fait la différence ? Ce levier est directement activé par la consommation de café, co-financé par la FAO. Focus.
Pourquoi former est plus puissant que subventionner ?
Apprécié par des millions de consommateurs, le café constitue l’une des matières premières les plus échangées au monde. À la base de la chaîne de production se trouvent les producteurs, dont 70 % sont de petites exploitations familiales occupant une superficie inférieure à 5 hectares. Pourtant, ce sont ces petits producteurs qui captent souvent la plus faible part de la valeur. Dans ce contexte, subventionner semble être une solution qui est cependant temporaire. En revanche, la formation des producteurs de café permet de construire sur le long terme.
Il faut savoir que la qualité du café dépend grandement des pratiques des producteurs. Soin apporté à la culture, régulation de l’ombrage, récolte des cerises au bon moment, tri… chaque geste influence directement la qualité du produit final, mais aussi son prix de vente. Octroyer des formations permet ainsi de donner aux petits producteurs les moyens d’agir sur ces leviers. Pour améliorer la qualité du café, l’agroforesterie figure parmi les solutions efficaces. Cependant, pour mener à bien un projet basé sur ce modèle agricole durable, certaines compétences techniques se révèlent indispensables. Des formations en matière d’agroforesterie se révèlent ainsi utiles et nécessaires. En achetant votre café chez Chacun Son Café, votre consommation co-finance notamment ces formations avec la FAO pour encourager l’agroforesterie dans la culture du café au Togo.
Cas concret : formation à M’Passem, Préfecture de Danyi
À M’Passem, dans la préfecture de Danyi, au Togo, cette logique prend une forme très concrète. Pendant deux jours, une formation a réuni des producteurs autour d’objectifs clairs :
- Former 26 caféiculteurs à M’Passem, l’un des 4 sites prioritaires de la zone, avec une attention particulière accordée aux femmes ;
- Renforcer leurs compétences en matière de marketing caféier, d’opération de récolte et d’entrepreneuriat.
La sensibilisation à l’importance de l’agroforesterie et de la diversification des revenus constitue un autre objectif de cette formation. Vingt-six participants ont pris part à cette session, dont 75 % étaient des femmes. Pendant les 6 heures de formation pratique, une forte participation féminine a ainsi été remarquée. Ce chiffre signifie que les femmes sont au cœur des opérations clés, notamment la récolte et le tri post-récolte, déterminant directement la qualité finale du café.
Jour 1 : marketing et gestion financière
Lors du premier jour, les participants ont été initiés aux bases de l’entrepreneuriat. L’objectif n’est pas de transformer les petits producteurs en marketeurs, mais de leur donner les clés pour comprendre comment mieux vendre les produits issus de leur parcelle. À travers des exercices visuels et des mises en situation, les participants prennent alors conscience que la perception des acheteurs joue un rôle déterminant. L’objectif est de leur faire comprendre qu’un produit bien présenté avec une belle qualité visuelle se vend mieux.
La formation a abordé une autre thématique : la chaîne de valeur du café. Quels sont les postes de dépense ? Quels sont les gains ? Quel est le bénéfice obtenu ? La réduction des coûts grâce aux systèmes agroforestiers et l’importance de l’épargne au village pour anticiper les coups durs ont été mis en avant lors de cette session.
Lors de ce premier jour de formation, les animateurs ont également encouragé les participants à adhérer à la coopérative, offrant de multiples avantages, notamment l’accès gratuit aux plants via les pépinières.
Jour 2 : récolte sélective et qualité
Le deuxième jour a davantage été axé sur les pratiques sur terrain. Les producteurs ont appris à différencier les cerises mûres des cerises immatures lors d’une démonstration pratique sur parcelle. Cette étape a permis d’expliquer l’impact de la récolte sélective du café sur la qualité finale.
La formation s’est poursuivie avec le tri manuel post-récolte et l’observation des différences de maturité des cerises. Le séchage homogène a également été expliqué. L’objectif est d’éviter les défauts liés à une mauvaise gestion de l’humidité. Cette session a permis aux producteurs de prendre conscience que la qualité du café, dépendant de la récolte et du tri, garantit un meilleur prix.
De la technique à l’impact économique
Les avantages obtenus grâce à cette formation ne se limitent pas à l’acquisition de compétences techniques. Chaque amélioration de pratique se traduit par un impact économique positif. Dans le cas de la récolte sélective, la sélection des cerises à maturité optimale assure d’obtenir un score qualité plus élevé. Ce score influence directement le prix de vente, notamment sur les marchés de café de spécialité. S’ajoute à cela une meilleure organisation via une coopérative de café en Afrique, permettant la mutualisation de la commercialisation pour mieux valoriser les récoltes. Ce passage de la technique à l’impact économique est essentiel. Il transforme la perception du métier par les producteurs qui ne subissent plus les prix, mais agissent sur les facteurs (qualité du café) qui les influencent. Enfin, l’acquisition de ces compétences techniques leur permet de gagner en autonomie.
L’agroforesterie comme modèle entrepreneurial
L’agroforesterie est au cœur de ce projet d’entrepreneuriat caféier. Ce modèle ne se limite pas à planter des arbres sur une parcelle, mais redéfinit complètement la manière de produire. Grâce à cette formation, les producteurs découvrent les avantages de l’agroforesterie versus une culture unique, notamment la diversification des revenus. Les arbres offrent des revenus complémentaires comme les bois d’œuvre et de chauffage, les fruits, le fourrage ou encore le miel. Les producteurs sont ainsi moins dépendants à une monoculture, réduisant leur vulnérabilité.
L’agroforesterie aide aussi à améliorer la résilience climatique. Les variations de température et d’humidité peuvent fragiliser les récoltes dans les zones de culture de café. Grâce aux arbres d’ombrage, les plants de café profitent d’une couverture végétale, réduisant les excès de chaleur. L’agroforesterie favorise un microclimat plus stable et équilibré, permettant aux caféiers de mieux résister aux effets du changement climatique (pluies intenses, période de sécheresse…). L’amélioration des sols (fertilité naturelle grâce aux feuilles qui tombent, stabilisation de la terre grâce aux racines, etc.) constitue un autre avantage de l’agroforesterie.
L’agroforesterie devient non seulement une stratégie de résilience, mais aussi un véritable modèle entrepreneurial. Elle inscrit les parcelles de café dans un système productif diversifié, permettant de générer de la valeur sur le long terme.
Un projet co-financé par la consommation de café et la FAO
Ce projet de formation repose sur un modèle hybride de financement, où la consommation joue un rôle direct. Le modèle économique de Chacun Son Café est basé sur un principe simple : One Cup, One Cent. Pour chaque tasse de café consommée, un centime est reversé automatiquement au programme Let’s Catch Carbon, finançant des projets pour le climat et la biodiversité, et soutenant les communautés locales. La formation des producteurs figure parmi les projets financés. Ce projet appliqué au café est aussi soutenu par la FAO, apportant des fonds complémentaires, une expertise technique et une crédibilité supplémentaire. Cette organisation aide à débloquer des financements afin d’améliorer et de renforcer les moyens de subsistance des agriculteurs, créant de la valeur sur le long terme. Au lieu d’une aide ponctuelle, ce co-financement repose sur une logique d’investissement, constituant un levier pour une transformation progressive de la filière café au Togo.
Pourquoi cela change vraiment la donne
L’efficacité de cette formation repose sur son ancrage dans la réalité des producteurs. D’ailleurs, les participants ont montré une forte motivation lors des exercices pratiques. Les démonstrations sur parcelle permettent une appropriation immédiate des techniques apprises. Les producteurs repartent ainsi avec des actions concrètes à mettre en place. Pour une transformation progressive et pérenne, l’accompagnement des caféiculteurs dans l’application des méthodes acquises lors de la formation est recommandé. Des suivis réguliers sur le terrain sont ainsi indispensables.
En somme, la formation des producteurs de café permet d’investir là où l’impact est le plus direct. Chaque tasse de café consommée finance directement la montée en compétence des caféiculteurs, l’amélioration du produit final, la création de revenus durables, mais aussi la capacité à faire face aux défis climatiques. Alors, vous aussi vous souhaitez agir concrètement pour le climat et soutenir les communautés locales au Togo ? Découvrez comment votre café finance la formation des producteurs.






