I am unique but not alone : pourquoi les réseaux sociaux sont moteurs du changement
2 octobre 2018Les réseaux sociaux renvoient à l’idée de résonance, qui se matérialise par la mise en commun de petits gestes individuels faits partout dans le monde au même moment.

Si tu bois une tasse de café, tu peux être sûr que quelqu’un le fait aussi quelque part dans le monde. Si tu ramasses du plastique sur une plage, tu peux être sûr que quelqu’un le fait aussi quelque part dans le monde.
Pourquoi ? Parce que les idées du monde viennent en même temps. Ce sont des concomitances temporelles. On le voit bien, quand on a une idée et qu’on fait une recherche sur Internet. On constate très vite que qu’on le retrouve toujours quelque part. Il y a partout des similitudes.
Prenez l’exemple du concept de la pensée systémique, développé en Californie par Palo Alto et étudié simultanément par l’armée pour des raisons militaires.
Le sentiment d’agir seul n’est donc pas réel, et il ne faut pas avoir peur de s’investir dans quelque chose à son échelle car on ne le fait jamais vraiment seul. Et c’est là que les réseaux sociaux prennent tout leur sens.
Prendre soin de la planète, c’est comme faire du sport. Cela nécessite une émulation collective pour soutenir notre vigilance face à l’effort que cela demande.
Et cela demande un effort parce que cela implique que l’on revoit nécessairement notre confort. Nous sommes une génération qui n’a connu que la prospérité, l’abondance, qui n’a pas vécu la grande guerre, qui ne sait pas ce qu’est la pénurie. Et qui prend tout cela comme acquis sans imaginer que cela ne l’est pas.
Personne ne souhaite hypothéquer l’avenir de générations futures, mais personne ne souhaite faire l’effort seul.
Alors, pour que la dynamique du changement s’enclenche, il faut que toutes les parties s’y mettent. Et je crois que cela passera par la capacité à développer une conscience collective d’une autre ère. Comme si là aussi nous avions une révolution mentale à opérer. Cela sera collectif ou ne sera pas. Or, je ne crois pas au hasard. Et il se passe actuellement quelque chose de très intéressant qui va dans ce sens : l’explosion de la connaissance et de l’évolution des technologies.
Un mécanisme qui amène sur le devant de la scène de nouvelles voix, celles que l’on a besoin d’entendre pour créer cette émulation.
Le changement ne passera pas par l’annonce de chiffres catastrophiques, trop abstraits. Il passera par l’expression des personnes, qui, d’abord de manière marginale, adoptent des comportements plus vertueux et soutenues par une dimension militante. Elles sont l’un des moteurs du changement, parce qu’elles mettent les autres en mouvement. Elles donnent la direction, et les réseaux sociaux leur donnent la résonance qui leur faisait jusqu’à maintenant cruellement défaut.
Chez Chacun Son Café, nous avons connu cette marginalité. En prenant la décision de ne pas commercialiser de capsules dès 2005, nous prenions une décision économiquement très pénalisante, la croissance du marché du café s’étant faite sur la capsule durant 15 ans. Mais ce n’est pas important parce que nous ne nous considérons pas comme des vendeurs de café, mais comme les porte-paroles d’un mouvement.
Nous sommes un minuscule prototype, qui montre comment adopter concrètement un chemin plus positif, plus éthique, qui crée du bien commun. Et nous connaissons aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux un moyen de passer de la marginalité à l’universalité en partageant des valeurs qui parlent à tous.
C’est ainsi que le réchauffement climatique deviendra une source de richesse individuelle compatible avec le bien collectif.
Il faut simplement revoir nos référents, ce qui fonde notre système de valeurs, ce qui fonde la reconnaissance. Je lisais un article qui racontait qu’une des filles Kardashian possédait pour 1 million de dollars en sacs à main. C’est là un référent de reconnaissance qui ne peut nous faire avancer. Les réseaux sociaux, en nous offrant l’accès à la connaissance d’une part, et en nous réunissant d’autre part, nous permettent d’intégrer ces nouveaux référents. D’intégrer que nous ne sommes pas seuls. Qu’il existe une communauté de valeurs et que nos efforts ont un sens. Qu’ils ont une valeur pour les autres, qu’ils trouvent une reconnaissance, qu’ils font que “je” me sens un être accompli.
Si je devais faire une prédiction, je dirais que nous allons voir l’émergence de nouveaux réseaux qui mettront ces enjeux au centre de leur dispositif.
D’ailleurs, le moteur de recherche Qwant est en passe de réussir son pari prendre 10% de part de marché à Google. Et cela se fait uniquement sur une différentiation de valeur et d’éthique.






