Start-ups, les locomotives du changement – par Marc Gusils, CEO Chacun Son Café

10 juillet 2018

Les énergies fossiles et mécaniques ont remplacé l’énergie de l’homme et ont amené avec elles la société d’abondance. Ce modèle de développement reposait sur le postulat que les ressources extraites de la terre étaient gratuites. En effet, nous n’avions rien à payer à la planète pour les utiliser. Mais cette mécanique en tant que telle n’est plus une équation suffisante pour aborder l’avenir. Aujourd’hui, un nouveau paramètre fait son apparition : l’empreinte environnementale.

Avec l’épuisement des ressources énergétiques et le réchauffement climatique, la nécessité de produire une équation égale à zéro est le nouveau paradigme qui s’impose au secteur économique. Or, on ne sait pas faire. Notre civilisation se trouve donc à un stade où elle doit tout réinventer, sortir du cadre. De toute évidence, nous ne pouvons rester indifférent parce que la terre, elle, nous survivra, et la vie aussi. Ce que nous mettons en danger, c’est nous.

Ce nouveau paradigme doit désormais fonder toute démarche économique. C’est pour cela que l’attitude qui tend à se positionner comme la bonne parole moralisatrice, nous expliquer qu’il ne faut plus polluer et comment changer le monde est obsolète. Elle appartient au vieux monde. Ce qu’il nous faut, ce sont des solutions concrètes, une multitude, une infinité de pilotes qui conduisent à petite échelle des projets qui vont dans le sens du changement.

A mon sens, le changement n’est pas tant de voir loin, mais plutôt de faire un petit pas de côté pour faire différemment. Le monde a besoin de locomotives capables de nous donner envie de les suivre pour leur réalisation, parce qu’elles nous montrent que c’est possible. Ce sont ceux qui font, créent et expérimentent qui nous montreront la voie. Et c’est par l’expérimentation à grande échelle que nous trouverons des solutions globales viables.

Ainsi, les start-ups ont le vent en poupe car elles ont le point commun de vouloir créer différemment et changer le monde dans ce moment où on a besoin que le monde change. Cette folie entrepreneuriale, cet appel d’air est dû à la conjonction planétaire. Et il est intéressant de voir que cet engouement nous touche inconsciemment, nous attire. Et nous relie naturellement les uns aux autres et donne naissance à une conjonction des énergies à vouloir proposer des solutions compatibles aux enjeux de l’humanité.

Comme si par l’intermédiaire de ces tentatives, nous redonnions du sens à la valeur « travail », à la valeur « faire ensemble » et à l’action si normalisée de « consommer ». Comme si nous savions pertinemment, au fond, que le retour à un modèle de société plus originel, où l’activité économique est pensée « collectivement », dans une dimension d’utilité et de long terme, était vital.

C’est ce que j’ai compris quand j’ai croisé Chacun Son Café. L’idée très simple de valoriser la torréfaction artisanale, de s’opposer au système polluant et captif de la capsule et de militer pour une planète plus propre m’a fait comprendre qu’il se passait là quelque chose de très petit, mais en même temps d’essentiel, parce qu’il s’agit de quelque chose qui nous dépasse.

C’est comme cela que j’ai commencé à y investir du temps et de l’énergie, dans l’idée de soutenir cette intention plus que dans une vision purement business bien que l’aventure doive être crédible économiquement pour fonctionner.

Aujourd’hui, j’ai décidé de m’y employer parce que je suis convaincu que nous avons un vecteur de changement. Que nous pouvons aider les buveurs de café à mieux consommer. Et je suis sûr que si le choix leur est offert, ils ne manqueront pas de saisir cette occasion. D’autant plus que le café est un symbole. Ce n’est pas un Coca Cola : le café est la boisson universelle. Et j’aime à répéter qu’elle est la boisson du social, celle qui nous réunit pour partager un moment.

Ma conviction est que Chacun Son Café est plus qu’une entreprise qui vend du café. Elle fait partie de ce mouvement de petits acteurs économiques qui pensent en dehors du cadre, ce bouillonnement d’initiatives qui contribue à nous entraîner vers une prise de conscience pour réellement mettre en œuvre ce changement vital et peut-être la survie de l’humanité.